Evénement – Millésima : large plébiscite à la seconde édition thématique du tasting spécial « grands vins de Bourgogne »
Bordeaux, 11 octobre. Fait plutôt rare pour le citer, la Bourgogne, une fois de plus, n’a aucunement failli à son second rendez-vous le 30 septembre dernier en terres bordelaises.
La Bourgogne à Bordeaux, c’est inédit ! Dans ce rendez-vous, tout n’est qu’échange culturel, oenophile, ampélographique, linguistique, pour ne pas dire avant tout organoleptique entre les deux vignobles. D’ailleurs, aucun des participants, qu’il soit particulier ou professionnel, ne le démentira et salue tout au contraire une initiative jugée profitable pour les deux vignobles mais principalement pour le consommateur aquitain (en forte délégation) probablement frustré de ne pas goûter à loisir des bourgognes in situ. Est-il besoin de le rappeler ? Bordeaux ne fait pas dans le Chardonnay ni le Pinot noir : les mono cépages stars de la Bourgogne. Convivialité, organisation pointilleuse, qualité des échantillons présentés, disponibilité des producteurs présents, magie des lieux… tous les ingrédients étaient réunis pour donner une bonne raison de ne pas rater cette dégustation thématique.
La Bourgogne prend ses quartiers à Bordeaux.
Fort de la dynamique oenotouristique et événementielle dans laquelle s’inscrit désormais la société Millésima depuis 2005 et de façon plus active dès 2007 – ce qui lui a d’ailleurs valu quelques jolies récompenses comme aux Best of Wine Tourism – un rendez-vous comme celui-ci lui confirme son statut de grand organisateur de moments prestigieux autour du vin. Tout comme les autres dégustations thématisées dites « Panorama », celle de la Bourgogne fut initiée lors de l’une des éditions du salon international des vins & spiritueux : VINEXPO à Bordeaux. Comme l’explique Patrick Bernard, PDG et fondateur de Millésima SA : « la présence sur place de certains de nos fournisseurs bourguignons était une occasion rêvée pour faire découvrir à nos clients particuliers de l’Aquitaine et à quelques autres privilégiés l’univers de ces vins fabuleux dont la réputation, alimentée notamment (mais pas exclusivement) par les blancs secs, était un moment rare à partager au sein de la famille des amateurs de la Bourgogne. » Et de rajouter : « si nous avons initialement proposé à nos clients une dégustation globale des vins de tous nos fournisseurs présents à Vinexpo, la nécessité de consacrer les dégustations par région était plus judicieuse pour nos clients: d’où les « panorama » thématisés. »
Mieux comprendre la singularité du vignoble bourguignon.
Si l’univers des vins de la Bourgogne est facile à retenir puisque somme toute organisé autour de deux couleurs et de deux cépages – le Chardonnay pour les blancs et le Pinot noir pour les rouges – , néanmoins, difficile de ne pas voir, sous cette relative simplicité, l’art du compliqué : un paradoxe servi à la sauce bourguignonne. En effet, nul ne dément l’aspect « rebutant » du vignoble bourguignon par la complexité de son organisation d’une part ; de sa hiérarchie d’autre part (au sein de ses 100 appellations) avec des AOC régionales, communales, ces dernières classées ou non en 1er cru et grand cru telles qu’elles se traduisent dans des quartiers de terre, des clos très délimités : morcelés en autant de lieux-dits. On l’aura peut-être deviné : derrière ces lieux-dits se cache la notion très spécifique de « climat ». Au nombre de 635, ces fabuleux lots de parcelles de vignes, jadis cadastrés au Moyen-âge par les moines bénédictins de l’Abbaye de Cluny et de Citeau - des visionnaires en leur temps - et tous entretenus sous le règne des ducs de Bourgogne, sont donc des héritages que se partagent aujourd’hui les maisons quand certaines, plus rarement, sont propriétaires exclusifs de ces prestigieux clos : le très sélect « Monopole ».
Au rayon des clés de compréhension de la Bourgogne, et juste après le terroir, c’est le cépage : le concept de mono cépage ; autant dire une relation profonde et particulière entre le cépage et ses sols, eux-mêmes jamais monocordes mais très variés. Il n’y a qu’à parcourir le vignoble du Chablisien, du Maconnais, de la Côte Chalonnaise, de la Côte de Beaune et de la Côte de Nuits pour s’en convaincre. Cela promet dans les verres des combinaisons riches et variées… Effet garanti de surprise et d’émotions fortes !
De tout ça, quoi retenir ? On peut se demander si, pour apprécier les bourgognes, on doit adopter une simple lecture des bourgognes – la convivialité et le bien-être qu’ils génèrent à la dégustation - ou bien courageusement creuser la question en plongeant dans les méandres de leur histoire, de leur nomenclature ? La réponse, ce soir-là , était donnée directement par les producteurs présents, tous enchantés de se livrer aux assauts de questions jamais idiotes, très judicieuses même ; des interrogations toutes motivées par l’envie d’en découdre avec une Bourgogne d’initiés. Comme le précise Véronique Lagrange, sommelière et responsable commerciale au sein du château de Meursault : « beaucoup de questions nous sont posées sur les raisons du choix du mono cépage, sur la manière de vinifier les cépages, sur l’organisation de la hiérarchie au sein des crus, sur le morcellement des parcelles… En dégustant nos vins, et en les agrémentant de quelques repères de base, c’est la Bourgogne qui devient plus aimable et qui se simplifie. » Du côté des particuliers présents ce soir-là , beaucoup saluent la démarche de Millésima en leur offrant l’opportunité de mieux connaître les grands domaines, au nombre de 12 maisons proposant quelques verticales (même propriété sur des millésimes différents). Ainsi, des étudiants en école de commerce à l’instar de Matthieu Laperdrix, aujourd’hui employé aux chais de Vaure, n’ont pas regretté leur venue appréciant notamment l’interaction avec les producteurs et l’opportunité donnée aux bordelais d’adopter les vins de la Bourgogne.
Du côté du staff de Millésima, on se réjouit du bilan très positif de l’opération qui enregistre une fréquentation en hausse par rapport à la première édition. Pour Stéphanie Grégoire, responsable de la communication, de l’école du vin et du réceptif de l’entreprise, « les 450 participants ont aimé circuler facilement entre les allées, appréciant non seulement le plan de circulation de la dégustation, le choix des millésimes qui leur était présentés, l’ambiance ainsi que la disponibilité des vendeurs, toujours de bons conseils pour les orienter dans leurs achats. » Ce dernier point, c’est vrai, n’est pas à négliger dans le succès de cette manifestation. Dynamisant la soirée, si l’on en juge les ventes réalisées ce 30 septembre - dépassant même celles qui avaient été réalisées en 2008 lors de la dégustation Panorama des champagnes -, les achats effectués confirment à Bordeaux, avec ces 343 bouteilles vendues*, le plébiscite pour les bourgognes.
Millésima, semble-t-il, a encore une fois marqué les esprits et gagné son pari : faire de cette dégustation un subtil mélange d’échange de savoir, de culture, de partage d’émotion, le tout dans un univers luxueux mais finalement jamais exclusif : bien au contraire, totalement accessible et ouvert. F.L.
Revivez cette dégustation en vidéo: www.youtube.com/watch?v=d46nvFrjUPg
* Le top 5 des ventes :
1. Saint-Romain Village Sous le Château 2006 O. Leflaive
2. Savigny les Beaunes 1C Vergelesses 2006 N. Potel
3. Puligny-Montrachet 1C Champs Gains 2006 O. Leflaive
4. Puligny-Montrachet 1C Champs Gains 2006 Chanson P&F
5. Meursault 1C 2006 Ch. De Meursault
Quelques chiffres clés sur la Bourgogne
27 636 hectares
3% de la surface totale du vignoble français
100 AOC dont 44 AOC communales et 23 AOC régionales
635 climats
33 grands crus (32 en Côte d’Or, 1 à Chablis)
61% de vins blancs secs
31 % de vins rouges (ou rosés)
8% de crémants de Bourgogne
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